Recueil de poésie : Feuilles d’âmes

J’ai pour projet de regrouper une grande partie de mes textes poétiques dans un recueil.
J’en suis à la relecture et à la recherche d’un éditeur.
« Feuilles d’âmes » sortira bientôt avec des photos en illustration.
Vous pouvez dores et déjà en lire quelques bribes ici et jeter un œil à la couverture (ci-dessous)

 

Couverture de recueil

Muse

Ta peau diaphane couvrait à peine le papier
Et de tes cheveux incendiés se sont échappées
Les couleurs de l’automne.

Encore un souffle et trois feuilles
Mortes sont venues s’accrocher sur la pointe
De mes crayons colorés

Je ne sais pas qui tu es
Mais j’aimerais beaucoup te rencontrer.

Pause

En rondeurs éveillées
Douces brillances toutes tissées
Rouge et or, noir bleutés,
Sous ses perles elle a dégrafé

Sa gorge sous le regard des abysses
Qui sont jaloux des profondeurs
De sont décolleté aux amphores lisses
Ils sortent le fer pour lui faire peur.

Un oeuf s’est posé là aussi
Recroquevillé sur la vase noircie.
Un poisson voyant cette beauté rougit
La dame expose sa galerie.

Au seuil

Elle a de la dentelle au fond des yeux,
Des grains de beauté éparpillés
Comme des petites miettes à dévorer.
Un voile fin s’est endormi sur elle.
Un courant d’air le fait trembler
Discrètement il découvre la peau au Soleil.
Lascive la dame soupire
Des vapeurs d’invitation.
Isis paresse sur sa couche
Et Seth la contemple sur le pas de sa porte.
La chambre est ouverte mais la reine
Ne sait pas que des yeux l’ont pénétrée…

Bouchon Lyonnais

Je suis bien dans ce cocon de bruit où je ne discerne aucun mot.
Mes oreilles sont aussi pleines que mon ventre.
Encore une raison d’appeler cet endroit « bouchon ».
Puis on y avance doucement, pendant que le temps continue de courir.
Les bouchées enfournées bouchonnent…
Un client lance à son voisin : « te rend pas malade ! »
Dans mon corps, la grosse et grasse tripe panée que j’ai toute mangée tortille les miennes avec nausées.
J’attends qu’elle se mélange au beurre persillé des escargots et à la mayonnaise moutardée.
J’espère que la mousse au chocolat finale ne perdra pas patience derrière tout ce monde et ne décidera pas de faire demi-tour !!

Désaccord

Boîte à musique faussement laquée
Pas de bijou dans ton écrin rouge
Juste un cadavre d’insecte
Et le constat du toc de cette ballerine
En plastique grossier.

Ces notes que tu craches
Cachent-elles un secret ?

L’ambiance est lourde par ta faute
Ta mélodie désarticulée.

Tais-toi donc et va lustrer
Tes miroirs empoussiérés !

Tu es malsaine
Je suis certaine
Que tu es ensorcelée !

Chez Mémé

L’après-midi plafonne sur les parois des intestins repus.
Ils causent en silence sur de longs raclements de cuillère.
Le roi traîne sur un coin de table
Le pointu d’un doigt écrase ses miettes.

La frangipane c’est toujours triste avec Mémé

Cette année est pire que la dernière et ainsi de suite
Rien ne peut y faire
Alors c’est ce qu’on fait : rien.

Du tic-tac de ce rien, je trépigne pour ces minutes gaspillées